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Allez, zou ! Les fêtes sont passées, vous avez été gentils, prévenants, sucrés. Vous avez peut-être même pris comme nous à Genève une grande rasade de souvenirs d’enfance avec la Zauberflöte des frères Poras, qui sait ? Retour au plancher des vaches.
Car c’est d’abord de cela qu’il s’agit. On abandonne ici la moindre once de rêve. Enfance. Justement, Kusej fait de la Zauberflöte le cauchemar d’un enfant. Mais alors d’un enfant sans enfance. Mensonge subtil et donc d’autant plus menteur. Des murs en béton (fatal !) tournent, façon derviche, l’être va se retrouver broyé, soumis par Zarastro au sort de la nation. On fuira les images si, comme nous, on pense que La Flûte est un conte pour le faubourg pas si maçonnique que ça, et on se réfugiera dans la piste son, car mine de rien c’est la seule Zauberflöte valide d’Harnoncourt – son horrible enregistrement Teldec, défiguré par des récitants est un cauchemar.
Ici, dans des tempos apaisés, avec le confort d’un orchestre moderne et l’appoint d’une troupe excellente, dominée d’assez haut par le Tamino de Strehl et la Reine de la Nuit de Mosuc, Harnoncourt délivre enfin la lecture sereine et pleine de surprises que l’on attendait de lui. Un DVD à écouter. Ce n’est déjà pas si mal.
Jean-Charles Hoffelé
Wolfgang Amadeus Mozart. La Flûte enchantée. Christoph Strehl, Julia Kleiter, Elena Mosuc, Ruben Drole, Eva Liebau, Matti Salminen, Chœur et Orchestre de l’Opéra de Zurich, Nikolaus Harnoncourt. Mise en scène : Martin Kusej. ( 2007)
Deutsche Grammophon 004400734367.
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