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C’est une véritable aubaine que ce Trittico offert par les forces de l’Opéra de Modène. Tout d’abord parce que – sinon Nicolas Joël à Toulouse – on rechigne aujourd’hui à donner en une soirée les trois ouvrages que Puccini a si subtilement alliés.
La mise en scène habile de Christina Pezzoli souligne le fatum qui réunit les partitions. C’est la faucheuse que Puccini aborde ici sans fausse pudeur – le buffo de Gianni Schicchi tourne autour d’un cadavre, Il Tabarro est l’histoire d’un crime par jalousie, et Suor Angelica l’agonie pâmée d’une religieuse fille mère à laquelle la vierge rend son enfant – et le discours un rien décalé mais très subtilement articulé de Pezzoli cerne cette obsession têtue, mettant en œuvre une direction d’acteur subtile dans d’assez beau décors réalistes.
On ne le dira jamais assez, mais Il Trittico gagne à être défendu par des chanteurs qui se produisent dans chacun des ouvrages. Il y faut plutôt que des stars – sinon pour la Principessa dans Suor Angelica - une troupe. Mastromarino est fabuleux d’intelligence et de naturel dans le sombre (Michelle, Il Tabarro) comme dans le burlesque (Gianni Schichi) et Amarilli Nizza varie à loisir une voix assez exceptionnelle dans les trois emplois de soprano.
Très bonne direction, qui rend justice à l’instrumentation géniale d’Il Tabarro, où Puccini a écrit quelques unes de ses plus grandes pages d’orchestre.
Jean-Charles Hoffelé
Giacomo Puccini. Il Trittico. Alberto Mastromarino, Amarilli Nizza, Rubens Pelizzari, Annamaria Chiuri, solistes, chœurs du théâtre de Modène et Orchestre de la Fondation Toscanini, Julian Reynolds. Mise en scène : Chistina Pezzoli (2007). TDK OPTRIT.
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