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La mise en scène habile mais sans une once d’inspiration de Filippo Sanjust était un handicap que la caméra contourne habilement, qui suit l’action au plus près. On supportera – ou pas – les décors très réalistes, les costumes impeccables, le côté « récuré », très propre sur soi, les éclairages moches pour se rembourser avec une distribution assez fabuleuse. Une toute jeune Gruberova fait une Zerbinetta touchante, Trudeliese Schmidt reprend le flambeau de Jurinac pour un compositeur toutes voiles dehors (mais qui ignore ce que chanter piano veut dire, handicap certain) : Janowitz, Ariane bien placide mais en voix somptueuse, Kollo, Bacchus point trop héroïque mais décidément joli chanteur.
Comédiens italiens parfaits d’humour (Equiluz surtout, et pourtant on n’attendait pas cet évangéliste en Scaramuccio), Nymphes inspirées, et quelle joie de retrouver Erich Kunz en Haushofmeister, Berry en Musiklehrer et Zednik pour un Tanzmeister piquant en diable. Toute une équipe des grandes années de Vienne, menée par la baguette encore alerte de Böhm pour un prologue assez rondement mené, et qui trouve pour l’opéra un ton lyrique troublant. Play-back plus qu’acceptable.
Jean-Charles Hoffelé
Ariadne auf Naxos de Richard Strauss
Gundula Janowitz, René Kollo, Trudeliese Schmidt, Edita Gruberova, Walter Berry, Heinz Zednik, Erik Kunz, Barry McDaniel, Kurt Equiluz, Manfred Jungwirth, Hilda de Groote, Oliviera Miljakovic, Axelle Gall, Orchestre Philharmonique de Vienne, Karl Böhm
Mise en scène : Filippo Sanjust (1978)
Deutsche Grammophon 00440 073 4370
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