13 Novembre 2007 - DVD : Abbado, Brendel, Bruckner et Mozart
Abbado s’est tardivement confronté à Bruckner, si l’on excepte le fait qu’un de ses premiers disques pour Decca fut une gravure remarquée de la Première Symphonie avec les Wiener Philharmoniker. Cette Septième Symphonie cursive, très lumineuse, surprend car enfin le chef milanais y respecte le caractère impavide des cadences plagales héritées clairement de l’écriture organistique. Il parvient ainsi à animer de l’intérieur les grands vaisseaux de l’Allegro moderato et de l’Adagio, les délivrant de tout pathos en leur gardant une grande stabilité de tempo. Phrasés droits, équilibre des pupitres – ces cors qui semblent émerger des violoncelles montrent à quel point tout le monde s’écoute mutuellement dans la phalange lucernoise –, aucune sollicitation en dehors de celles inscrites dans le tactus de la partition.
Le Troisième Concerto de Beethoven, dialogué au plus près, assez prodigieux d’animation, de rebond rythmique, conserve jusque dans ses accents conquérants quelque chose de la grâce mozartienne.
Jean-Charles Hoffelé
Ludwig van Beethoven. Concerto pour piano n°3
Anton Bruckner. Symphonie n°7
Alfred Brendel (piano), Orchestre du Festival de Lucerne, Claudio Abbado (2005).
Euroarts 2054649