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Etrange. Harnoncourt semble en bisbille chez lui à Vienne, et surtout avec des Wiener Philharmoniker qui lui répondent très peu autrement qu’en lui renvoyant, grossis, enlaidis, ses propres tics : phrasés arbitraires, accentuations hachées, refus de chanter, et peu de couleurs par-dessus tout, paradoxe absolu et double d’un orchestre qui n’en est pas avare et d’un chef qui la recherche pourtant. La Parisienne est une catastrophe, pincée, délitée, prétentieuse, la 4e de Schubert, pourtant si naturellement Strum und Drang à peu prés au même niveau de ratage consciencieux. Terrible.
Mais le trio des dernières symphonies de Mozart avec l’Orchestre de chambre d’Europe, c’est tout autre chose, un geste ardent, vif, une formidable machine à narration, des couleurs épicées, une suractivité rythmique entêtante qui compose un monde comme sortit incontinent de l’opéra. C’est pour elles seules qu’on connaîtra ces deux DVD, car le documentaire poussif de Norbert Beilharz sur Harnoncourt et la 9e de Schubert n’est pas vraiment un bonus.
Jean-Charles Hoffelé
Nikolaus Harnoncourt. Mozart : Symphonies n°31(*), 39, 40, 41. Schubert : Symphonie n°4 (*). Orchestre Philharmonique de Vienne (*), Orchestre de chambre d’Europe (1983, 1984, 1991). Deutsche Grammophon 4734290 (2 DVD).
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