|
Une assez bonne idée de cadeau pour le Noël de vos têtes blondes : Deflo a placé l’action entre le monde du cirque et celui de la Commedia dell’arte, et le filmage habile de Thomas Grimm, en resserrant le cadre, suit très exactement l’action dans ses moindres péripéties, et dieu seul sait si elles sont nombreuses dans le théâtre de Gozzi. Evacuons tout de suite ce qui fâche : la direction sans esprit, symphonique de Sylvain Cambreling, un de ses vrais échecs à Bastille : ici tout doit fuser comme le font si bien Denève à Amsterdam ou Sokhiev, pour la version russe, à Aix.
Mais la distribution comporte quelques perles qui remboursent en partie de cette déception : Workman au français parfait possède le haut ténor naturel du Prince, et quel style ! Barry Banks, irrésistible en Trouffaldino, Uria-Monzon et van Dam en couple infernalo-céleste, la cuisinière énorme de van Halem, Jean-Sébastien Bou, si poétique en Farfarello, tous forment une assez formidable équipe de théâtre.
Jean-Charles Hoffelé.
L’Amour des trois oranges. Charles Workman, José van Dam, Béatrice Uria-Monzon, Philippe Rouillon, Barry Banks, Jean-Luc Ballestra, Guillaume Antoine, Hannah Esther Minutillo, Victor van Halem, Lucia Cirillo, Jean-Sébastien Bou, Aleksandra Zamojska, Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris, Sylvain Cambreling (2005). Mise en scène : Gilbert Deflo. TDK DVW OPORANG.
|