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Otto Schenk, qui a réglé à la diable pour la télévision cette adaptation de sa fameuse mise en scène pour le Staatsoper, n’a pas résisté au plaisir de jouer Frosch, l’inénarrable gardien de prison. Les décors sont absolument Biedermeier, d’un kitsch désopilant, le filmage digne des Feux de l’amour, le play-back assez amateur. Mais bon, qui veut une Fledermaus de tradition ne boudera pas son plaisir, d’autant que le cast est glamour à souhait : Holm délicieuse putzfrau, qui donnerait des leçons de style à Streich elle même, Wächter toujours aussi séduisant même pour un Eisenstein plus souvent comique qu’à son tour, Windgassen en Orlofsky, désopilant d’humour aviné, Kunz, formidable en Frank, et surtout une irrésistible Gundula Janowitz : ah, sa Czardas !
Böhm dirige très assis, petit bourgeois : tempos tranquilles où les Wiener Philharmoniker peuvent musarder et déployer des trésors de poésie. Pour le champagne, pour la folie alla Meilhac et Halévy on retournera sans hésiter à la soirée dirigée sur les pointes par Carlos Kleiber chez le même éditeur. C’est tout de même une ébriété d’une toute autre qualité.
Jean-Charles Hoffelé
Johann Strauss - Die Fledermaus - Gundula Janowitz, Eberhard Wächter, Renate Holm, Wolfgang Windgassen, Waldemar Kmentt, Erich Kunz, Otto Schenk, Choeur de l’Opéra de Vienne, Orchestre Philharmonique de Vienne, Karl Böhm (1972)
Mise en scène : Otto Schenk. Deutsche Grammophon 004400734371 (distr. Universal).
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