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On est chez les fous. Réduction un peu énorme : ce n’est parce que la nouvelle de Pouchkine parle de la folie compulsive d’un joueur qu’il faut nous conduire à l’asile. Mais c’est ainsi que le veut Dodin. On suit comme on peut, parfois séduit par un spectacle habile, parfois révulsé par des décors d’une laideur insigne – chez la Comtesse ces statues gréco-romaines littéralement en plâtre qu’on croirait louées chez Bricojardin – souvent obligé de rendre les armes devant une direction d’acteur diablement efficace dont la caméra assez rapprochée de François Roussillon suit pas à pas la dramaturgie.
Direction lente, dénervée de Rojdestvensky, qui nuit au véritable tactus de l’œuvre – cela s’entend dès la scène des cadets. Restent quelques performances de chanteurs : Galouzine, en voix totalement défaite, demeure peut-être le grand Hermann de sa génération, Tézier hautain et suprêmement bien chantant pour un Yeletsky d’anthologie, la belle Lisa pas seulement lyrique de Papian, mais aussi blessée, tragique, et la Comtesse retenue jusqu’à une sorte de neutralité étrange de Bogatcheva, mais chantée comme quasiment jamais depuis les grandes aînées. Pourtant, comment effacer avec cette réserve le souvenir hallucinant de Palmer dans le spectacle de Glyndebourne ? Impossible bien sûr. Ceux qui ont assisté aux représentations de Bastille voudront cette captation souvenir. Pour nous la Dame de Pique, ce sont de tout autres transports.
Jean-Charles Hoffelé
Piotr Ilyich Tchaikovski. La Dame de Pique. Vladimir Galouzine, Ludovic Tézier, Hasmik Papian, Nikolaï Putilin, Irina Bogatcheva, Vsevolod Grivnov, Chœur et Orchestre de l’Opéra de Paris, Gennadi Rojdestvensky. Mise en scène Lev Dodin (2005)
TDK DVWW-OPPIQUE. (2 DVD). Distr. Intégral. www.integralmusic.fr
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