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Le geste très dépouillé de Carsen fait de ces Dialogues qui furent créés rappelons le à quelques mois d’écart en français à l’Opéra de Paris puis en italien à la Scala de Milan simplement l’un de ses plus beaux spectacles ; les éclairages de Jean Kalman y sont pour beaucoup même si la caméra n’en saisit pas toute la magie. Voici le bémol de cette captation : une grande part de la poésie, si prégnante lorsque l’on se trouvait dans le Teatro degli Archimboldi où la Scala, en travaux, s’était repliée, s’est évaporée.
L’autre handicap majeur, c’est le français improbable de toute la distribution et peut être aussi le grand guignol de Madame Silja pour sa mort, alors que tous ses comparses font au contraire preuve d’une grande retenue – Schellenberger dessine une Blanche assez vertigineuse, exactement là où Poulenc l’a placée toujours entre terreur et rédemption.. Mais l’on passe outre, pour la direction admirable de ligne, de tension d’un Riccardo Muti visiblement très amoureux de l’orchestre de Poulenc.
Jean-Charles Hoffelé
Francis Poulenc. Dialogues des Carmélites. Dagmar Schellenberger, Anja Silja, Laura Aikin, Gwynne Geyer, Barbara Dever, Gordon Gietz, Christopher. Mise en scène Robert Carsen (2004). Robertson, Solistes, Chœur et Orchestre de la Scala de Milan, Riccardo Muti. TDK DVWW-OPDDC. Distr. Intégral. www.integralmusic.fr
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