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Miscellanées ? Non, un bouquet de purs trésors. Voir Deller respirer, assis, les rêves des Elisabéthains, cela n’a pas de prix, avec le contrepoint poétique du luth de Desmond Dupré, et même en duo avec le contre-ténor plus raide de son fils, on en redemande. La caméra surprend la délicate entente entre le piano subtil de Britten et le fort ténor de Peter Pears et nous tire des larmes avant de marquer Pears a capella et bien faux. Cela lui arrivait, c’est maintenant attesté. Broutille, car ce qui passe dans son regard durant The shooting of his dear vaut plus que tous les chants. Du Pré tout jeune, frémissante, glissant sa touche comme on parle, quelle merveille ! Et Barbirolli, allant et venant sur son podium, porté par ce démon qui ne le quitta jamais, c’est une confession.
On sera moins porté par un Ogdon cassé sur son piano, indurant la Dante de Liszt, mais avec quels moyens phénoménaux ! Deux grandes leçons : Myra Hess portant très haut, et dans une élégance fiévreuse absolument pas patricienne l’opus 110, après un Jésus que ma joie demeure joué plus probablement par les anges que par le piano. Mais attention la bande son pleure, et pleure aussi, un peu moins, sur la perle absolue de cet album : Solomon, tenant sur une sorte de corde raide l’opus 90 n°4 de Schubert, fébrile, magnétique, d’une poésie sonore qui vraiment vient d’un autre temps. Et cette tenue au piano, éloignée, dégageant non seulement le bras, mais l’épaule, caressante et puissante à la fois, qui la pratique aujourd’hui ? Oui, une leçon.
Jean-Charles Hoffelé
Legendary British Performers. Avec Alfred Deller, Solomon, Dame Myra Hess, Jacqueline du Pré, Benjamin Britte et Peter Pears, John Barbirolli, John Ogdon. EMI Classic Archive DVB38846192.
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