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La mise en scène de Peter Stein, rigoureuse, inspirée, aura ses défenseurs, même si ses atmosphères sombres passent relativement mal à la captation. Mais ce Boccanegra sans transposition abusive, sans exégèses menteuses, est déjà en soi une bénédiction par sa direction d’acteur étreignante que pollue une gestuelle trop datée. Seul bémol de ce côté-ci. Mais il y en a d’autres du côté de la distribution. Gallardo-Domas s’est égarée en Amélia Grimaldi ; elle ne possède ni le legato de l’air d’entrée, ni les ressources plus dramatiques qu’exige un rôle qui évolue au cours de la partition. Miroslav Dvorsky, remplaçant de dernière minute, même si il fait preuve de vaillance n’a pas le spinto qu’il faut à Gabrielle Adorno, et Ferruccio Furlanetto, au mieux de ses moyens durant cette soirée viennoise, conserve toujours cette curieuse manière de chanter deux notes successivement là où on ne devrait en entendre qu’une.
Reste l’incarnation irradiante de Thomas Hampson, simplement le plus bouleversant des Boccanegra qu’on ait vu et entendu : un père avant d’être le monstre politique que l’on nous sert trop souvent. Le portrait agit comme un révélateur, d’autant que la direction très lyriques, pleine de sfumatos, de Daniele Gatti l’accompagne dans cette relecture qui ne cesse de fasciner et rappelle que Verdi se replongea dans Boccanegra à la fin de sa vie, demandant à Boito d’en revoir le texte, recomposant en quelque sorte un de ses fils de jeunesse pour lequel son affection n’avait cessé de croître.
Jean-Charles Hoffelé
Verdi : Simon Boccanegra. Mise en scène Peter Stein. Avec Thomas Hampson, Cristina Galardo-Domas, Ferrucio Furlanetto, Miroslav Dvorsky. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, Daniele Gatti. TDK DVWW-OPSIBOW.
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