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Sans vouloir polémiquer, je voudrais seulement signaler que, autour de Dominique Voynet, malgré la faiblesse des Verts dans le domaine de la culture, a été organisée pendant la campagne une réunion Culture à Marseille, cela va de soi pas médiatisée et modeste en nombre quoique riche en contenu ; un contenu qui se rapprochait significativement de vos propos.
Auxquels j’adhère, ainsi que tous les bénévoles et artistes qui travaillent autour de moi dans le cadre du Week-End Musical, à Carnoules, dans le Var. Mais il semblerait que l’avenir soit sombre pour la culture telle que vous la chérissez, non ? Les hommes ou femmes providentiels que vous appelez de vos vœux n’auraient-ils pas aujourd’hui fort à faire face à l’endormissement des sens par la consommation, à l’endormissement, entre autres, télévisuel - alors que la télévision, d’ailleurs, pourrait être, comme il lui est arrivé de l’être, un instrument de culture (au-delà de la 5e et de Arte) ; la société s’est tellement mécanisée et informatisée qu’être « spectateur » en salle et non pas en salon, reste souvent au-delà de l’envie ou de la volonté d’implication de nombre de nos concitoyens.
Le seul fait de se retrouver « au spectacle » avec d’autres est, dans un contexte social comme celui du Var, rejeté. Fondu dans la masse, oui, mais maître de son goût, le citoyen varois ? Prêt à exposer ses sentiments, ses réactions à un spectacle ? C’est rare, dans mon expérience. Que le citoyen redevienne un corps et un esprit qui travaillent ensemble et osent s’exprimer physiquement en public, ne fût-ce qu’en qualité de spectateur, c’est un travail qui s’apparente à la thérapie et je peux vous certifier que, sur le terrain, il faut beaucoup de thérapeutes. Cela fait d’ailleurs partie de différentes techniques de réinsertion.
Oui à la décentralisation culturelle, pour que la culture soit près des gens - tant que les scènes nationales de province ne soient pas interdites aux artistes locaux, même si l’on est confronté au problème de la qualité artistique de la production locale puisque les talents sont souvent happés par les métropoles. Mais, justement, que la qualité puisse être prouvée sans que les artistes aient à s’exiler.
Pour la diffusion de la culture au grand nombre, ne pourrait-on envisager de nombreux spectacles à publics de deux ou trois cents plutôt qu’une concentration d’un public évalué en milliers autour d’un nombre restreint de grosses productions ? Nous donnons Carmen et Werther, voire Didon et Enée devant 200 personnes. Un maillage local/régional/voire international, la solution que nous avons adoptée au WEM, n’est évidemment pas facile à gérer mais n’est-elle pas honorable ? Oui, bien sûr, à de nouvelles Maisons de la Culture. Mais est-ce dans l’air du temps ?
Ccordialement
Bernard Turle, traducteur, librettiste, directeur artistique du Week-End Musical, Carnoules, Var. www.weekendmusical.com
La Chronique Faisons un rêve de Jacques Doucelin
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