|
Il faut croire que les soirées se suivent et ne se ressemblent pas... Nous étions le 20 mars au TCE... Et nous ne pouvons rejoindre Mr Hoffelé dans sa critique de la représentation qu'il a vu le 16 mars. La salle comme nous même avons applaudi souvent... Nous avons assisté à un Ariodante qui ne nous a jamais lassé ! Nous avions pu lire quelque temps auparavant, une critique féroce dans un grand quotidien du matin et nous étions inquiets !
Et bien quelques minutes après le début de la représentation nous étions rassurés... Christophe Rousset dés l'intro a démontré toute la tenue et les qualités de l'Orchestre des Talens Lyriques... Il nous semble que dans cet opéra, à part quelques courtes phrases de cors et de trompettes accompagnant les choeurs, Haendel a écrit une partition où l'orchestre est vraiment un accompagnateur des sentiments et émotions dramatiques demandées aux chanteurs... Christophe Rousset a su poser les Talens Lyriques dans cette vocation. Il n'y a donc pour nous aucun "hic venant de la fosse..."
La distribution allait se montrer tout aussi lyriquement talentueuse; en particulier Danielle de Niese, sachant être à la fois fragile fille de roi accusée à tort et amoureuse désirable; elle fut pour nous la voie la plus "baroque" de la soirée. Les autres chanteuses et chanteurs ont affiché une présence indéniable tant en voix qu'en actions dramatiques. Avec une mention trés favorable et particulière pour le rôle difficile du ténor tenu par Topi Lethipuu. Et pour Jaël Azzaretti si vrai avant, pendant et après la manipulation dont Dalinda fait l'objet de la part de Polinesso. Si nous avons apprécié l'Ariodante de Mme Kirchschlager, nous l'aurions aimé moins énergique, plus souple, plus émotionel. Nous rejoignons cependant Mr Hoffelé au sujet de Vivica Genaux qui n'a pas su produire un Polinesso assez mauvais, assez calculateur, à l'esprit retord. De même, Olivier Lalouette a bien eu du mal à se dépêtrer d'un costume de roi au propre comme au figuré ! (Cette traîne royale en voile toujours dans ses jambes!...)
Des ballets (applaudis) originaux sans être dérangeants (bravo le fou...) Un décor blanc qui bouge au bon moment, accompagnant l'histoire et permettant à des jeux de lumières distribués avec intelligence de nous faire imaginer le temps qui passe...
Reste la mise en scène de monsieur Lukas Hemleb ; très inégale, des (dé)placements injustifiés... N'apportant rien à l'intrigue... Nous aurions du compter les pas sans utilité de Polinesso, d'Ariodante ou du Roi... La seule absence de mouvement fut le duel ! Ce qui est un comble!
Nous n'avons pas le repère que constitue semble-t-il pour beaucoup, la version donnée il y a quelques années sous la direction de Marc Minkowski... Mais c'est peut-être mieux ainsi car il nous semble regrettable d'apprécier ou pas un spectacle par comparaison plutôt qu'en fonction de ce qu'il est vraiment... Au fait pouvez-vous comparer avec la création donnée en 1735 au "Covent Garden" ?
D. Arnaud
Le Compte rendu de Jean-Charles Hoffelé
Répondre à cet article
Toutes vos réactions
|