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Trois apparitions de la grande prêtresse du Cantor de Leipzig à la télévision américaine, échelonnées de 1955 à 1980. Comme à son habitude, Tureck introduit aux œuvres avec ce mélange de sévérité et de componction où se dessine une sorte d’ironie. Miracle, elle touche lors de la première captation un clavecin, à vrais dire un assez beau Challis, qui permet de confirmer tout ce que son art si articulé et si vivace doit effectivement à Landowska. Et le Steinway avec lequel elle alterne, un grand modèle B des années trente, est tout aussi splendide, idéalement appareillé à sa lecture hautaine et inspiré du Concerto italien.
La session de 1962 offre au coté d’un étrange parcourt dans les Goldberg et d’un Prélude et Fugue en la mineur impressionnant quelques petites pièces enlevées avec un soin poétique assez inouï (vous reviendrez souvent à la Musette en ré majeur). En 1980 l’art de la pianiste s’est épuré, et le jeu comme durci semble projeter la musique de Bach vers l’avenir. Bonus rarissime : tout le premier mouvement de l’Empereur, éclairé par ce toucher en staccato si singulier. Une curiosité mais qui en dit long sur l’art de cette artiste visionnaire.
Jean-Charles Hoffelé
VAI 4281.
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