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Evidemment, un Brahms sans le moindre vibrato cela suffirait presque à créer une petite révolution : foin du pathos, foin surtout des dictions emphatiques, des effets rhétoriques. Ce Brahms là vous irritera sans doute au premier visionnage, mais vous gagnerez à l’apprivoiser une connaissance plus juste de ses symphonies. Norrington souligne la foisonnante vitalité rythmique, garant d’une architecture bien plus élancée que celle assénée par la tradition romantique ; il déploie surtout une palette de couleurs vives, acérées presque, enfin désembuée du sfumato que le vibrato mais aussi les lectures trop horizontales, trop mélodiques avaient popularisé. A ce jeu, on se doute que le pastoralisme de la 2eme Symphonie respire un air plus vif, et que la poétique crépusculaire de la 3e trouve des lignes d’horizons plus précises, mais les orages de la 1ere manquent un rien de scansion alors que la 4e ne cesse de fasciner par ses lignes sveltes, et déjà ses klangefarbemelodien qui annoncent l’avenir. Norrington introduit chaque symphonie avec l’humour détaché et le sens de la formule qu’on lui connaît, se montrant souvent plus fin renard que son interlocuteur, il est vrai un peu pataud.
Jean-Charles Hoffelé
Brahms : Intégrale des Symphonies. Orchestre Symphonique de la Radio de Stuttgart, Roger Norrington.. Hännsler Classics 93 .903. (distr. Intégral)
Photo : DR
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