|
Cette Clemenza transposée dans un 20e siécle indéfini a sur le papier beaucoup d’atouts. On espérait qu’Harnoncourt retrouverait l’ampleur dramatique de son enregistrement audio. Il en a stigmatisé les excès, et se livre tout au long de la partition à l’un de ses travers : le maniérisme. Kasarova, assez décoiffante mais toujours avec ses trois voix qui n’en font pas vraiment une, le suit dans cette volonté encombrante de surlignage : on a pas entendu un Sesto aussi dit et hélas aussi composé.
Le reste de la distribution essaye de trouver ses marques dans ce projet trop omniprésent. Röschman peine dans la tessiture ouverte de Vittelia, Schade campe un Tito en proie au doute et à la colère subtil, décidément bien vu, Garanca, attendue en Sesto à Garnier cet automne fait un Annio trop pulpeux de timbre. Vous l’aurez compris, mieux vaut rester fidèle à la version des Hermann (Opus Arte) filmée à Garnier avec le Sesto de Suzanne Graham, mais si vous voulez sur l’œuvre un éclairage résolument différent, c’est ici que vous le trouverez.
Jean-Charles Hoffelé
Mozart : La Clemenza di Tito/ Harnoncourt
TDK DVWW-OPCLETI
Photo : DR
|