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Les 6, 7 et 8 décembre derniers, Radio France accueillait un nouveau week-end thématique consacré pour l'heure au lyrisme italien. Certes, en prenant pour fil conducteur, les opéras de jeunesse de Puccini, la Maison Ronde affirmait davantage son esprit découvreur, dévoilant volontiers des pans méconnus de la création musicale.
Donné en création française, l'opéra-ballet en deux actes, "Le Villi", achevé en 1884, exprimait cette violence psychologique et ce don d'absolu mélodiste qui imposent d'emblée un génie musical. Des chœurs d'acier, de stature - et d'effectifs - monumentaux, un orchestre - le Philharmonique de Radio France - aimablement porté par l'implication communicative du chef Marco Guidarini et trois solistes totalement en phase avec l'hallucination électrisante de leur caractère. Inclinons-nous devant les clés saillantes d'une arche vocale tendue, tendue, tendue : le ténor Aquilès Machado (Roberto) et la soprano Mélanie Diener (Anna). Quelques années avant "Cavaliera Rusticana" de Mascagni de 1890, qui est le chef d'œuvre lyrique du genre vériste, Puccini signait déjà sur le thème légendaire de "Le Villi", une peinture onirique, brossée avec brutalité et poésie, exigeant autant de l'orchestre, des solistes, de la masse chorale, imposant contrepoint des prouesses solistiques.
Un sentiment de découverte enthousiaste s'est également emparé du public lorsque le lendemain, "Edgar", autre ouvrage du jeune Puccini composé de 1884 à 1889, était donné dans la même salle Olivier Messiaen. Certes, il y avait quelques interprètes d'une indiscutable présence, Julia Varady (Fidelia) et Mary Ann Mc Cormick (Tigrana) mais l'engagement de tous les pupitres et de tous les rangs ont emporté sous la baguette du chef Yoel Levi, une autre fresque dramatique d'une authentique tension fascinante.
Alexandre Pham
Le 6 décembre 2002 à la Maison de Radio France
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