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    Iphigénie en Tauride 

    de Christoph Willibald Gluck 

    Durée de l’ouvrage 1h45 environ
    Opéra chanté en français, surtitré en français

    La condition humaine au travers du filtre de la tragédie lyrique : le chef-d’œuvre de Gluck où il renonce à tout apparat pour exposer la chair du drame à vif.

    Thomas Hengelbrock direction
    Robert Carsen mise en scène et lumières
    Philippe Giraudeau chorégraphie

    Gaëlle Arquez Iphigénie
    Stéphane Degout Oreste
    Paolo Fanale Pylade
    Alexandre Duhamel Thoas
    Catherine Trottmann Diane

    Balthasar-Neumann-Chor-und-Ensemble

    « Je ne sais si c’est du chant, mais peut-être est-ce beaucoup mieux ». C’est en ces termes que le diplomate et homme de lettres Friedrich Melchior Grimm relata dans sa Correspondance littéraire la soirée de première d’Iphigénie en Tauride à l’Académie Royale de Musique au printemps 1779. 

    Comment ne pas lui donner raison tant l’ultime triomphe parisien de Gluck illustre de façon magistrale l’aboutissement de sa réforme de l’opera seria et offre une page sublime où le musicien renonce à tout apparat pour exposer la chair à vif du drame. Au-delà du choix d’une action dramatique resserrée et d’une caractérisation quasi « vériste » des passions et conflits, Gluck invente une alliance nouvelle entre le texte et la musique en donnant un rôle essentiel à l’orchestre dans la trame dramaturgique. 

    La particularité vocale propre à la tragédie lyrique est qu’elle requiert une parfaite maîtrise de l’art de la prosodie et de la déclamation, ce dont ne devraient manquer ni la jeune mezzo Gaëlle Arquez, l’une des plus intéressantes et courtisées chanteuses du moment, ni l’élégant Stéphane Degout dont le sens de l’interprétation force l’admiration. A leurs côtés, les jeunes et déjà solides talents que sont Paolo Fanale, Alexandre Duhamel et Catherine Trottmann, sans oublier les forces du Balthasar-Neumann-Chor, royales dans ce répertoire. 

    Quant au metteur en scène canadien Robert Carsen, il connaît son Gluck sur le bout des doigts. Enfin en fosse, une nouvelle présence avenue Montaigne en la personne du chef allemand Thomas Hengelbrock dont le goût pour la variété des paysages sonores et colorés devrait ici faire merveille et ainsi conclure d’une bien belle façon la saison lyrique du Théâtre.