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​Musique de chambre française et grecque à l’ambassade de Grèce - Salon musical transcendé - Compte-rendu

Prévu initialement dans l’église Métropole Grecque-Orthodoxe, le concert a dû se réfugier, pour cause des frimas abattus sur Paris, dans les salons de l’hôtel particulier abritant la voisine ambassade de Grèce. Un lieu des plus propices finalement, pour ce récital réunissant des pages de musique de chambre française et grecque servies par quatre tout jeunes musiciens d’exception : le pianiste Vassilis Varvaresos (photo), déjà célébré sous nos latitudes, le violoniste Simos Papanas, le violoncelliste Angelos Liakakis et le contreténor Nicholas Spanos. Des artistes grecs, puisque la soirée est placée sous l’égide du Centre culturel hellénique, et l’occasion de présenter ces trois derniers interprètes à Paris. Sachant que les uns et les autres jouissent déjà d’une belle carrière internationale, comme le prouve ici une exécution d’excellence.

De g. à dr. : Simos Papanas, Vassilis Varvaresos, Angelos Liakakis, Nicholas Spanos © DR

Le programme se signale par son originalité, qui associe à la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy, le deuxième Trio de Saint-Saëns, les Cinq Mélodies populaires grecques de Ravel (bien évidemment ! mais chantées en grec selon les poèmes originaux), mais aussi des pages de compositeurs hellènes parfaitement inconnues. Il en est ainsi des Chansons d’Attente de Yannis Konstantinidis (1903-1984), dans une couleur assez fauréenne, de la séduisante Sérénade française pour piano de Spyros Samaras (1861-1917), des pièces mélodiques d’esprit folklorique d’Aimilios Riadis (1880-1935), mais aussi de deux compositions des musiciens participants : le vibrant (entre touches planantes, passionnées et grinçantes) Pas de deux pour piano et violon de Papanas et la mélodie aux tonalités debussystes Epiga de Spanos. Comme des ponts jetés entre les esthétiques musicales françaises et grecques, à goûter entre délicatesses et emportements.
 
Puisque cette soirée judicieusement de salon, se place sous les auspices de l’intimité et d’une proximité complice. Le doigté impérieux de Varvaresos tient fière compagnie aux archets immanents de Liakakis et Papanas, comme au chant élégiaque de Spanos. Autant d’interprètes à la technique assurée et à la musicalité accomplie. Un bis, avec une reprise du sublime Andante du Trio de Saint-Saëns, puis un second bis, avec une transcendante et très lisztienne Paraphrase pour piano de Varvaresos lui-même (sur la musique de La Guerre des étoiles !), achèvent de conquérir un auditoire privilégié.
 
Pierre-René Serna

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Paris, Salons de l’ambassade de Grèce, 19 janvier 2017

Photo Vassilis Varvaresos © Dimitri Stoupakis

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