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Les Archives du Siècle Romantique (14) – «L’état de la musique en France », rapport de Gossec et Méhul (1803)

2017 marque le 200e anniversaire de la mort d’Etienne-Nicolas Méhul (photo)et Givet, cité des Ardennes où le musicien naquit en 1763, ne manque pas de se souvenir de l’enfant du pays. Du 20 au 22 octobre, diverses manifestations (dont un colloque international en partenariat avec l’Université Paris IV) met l’auteur de Stratonice à l’honneur.(1)
Méhul, figure musicale centrale de la Révolution et de l’Empire, ne pouvait échapper à l’attention du Palazzetto Bru Zane, qui vient de faire paraître « Le Fer et les Fleurs : Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817) ». Cet épais et riche ouvrage collectif permet cerner de manière très complète la personnalité et l’œuvre du compositeur, et de prendre la mesure de sa postérité (2)

Du côté du concert et du disque, on n’oublie pas qu’en février dernier à Londres, un « Gala Méhul » dirigé par Jonathan Cohen (3), avec un Michael Spyres des grands jours, mettait en lumière des aspects très variés de la production du compositeur français. Au même moment paraissait l’enregistrement de l’étonnant opéra en un acte Uthal (dont l’orchestre est dépourvu de violons), réalisé sous la direction de Christophe Rousset à Versailles en mai 2015 (4). Dès, György Vashegyi – méhulien fervent s’il en est – avait signé à la tête de son Orfeo Orchestra, et avec le concours d’une splendide distribution (5), une flamboyante version d’Adrien, opéra en trois actes qui valut un grand succès à son auteur en 1799 à Paris.

 Quatre ans plus tard, à la demande Napoléon Bonaparte, l’Institut fut chargé d’un bilan scientifique et artistique du pays depuis la Révolution. Avec le concours de son aîné François Joseph Gossec (1734-1829), Méhul en assuma la partie musicale. Un «état de la musique en France » dont les Archives du Siècle Romantique Concertclassic/Palazzetto Bru Zane vous présentent ce mois-ci de larges et très instructifs extraits. Ce grand survol de la musique française depuis Lulli, où l’on trouve un hommage appuyé à Gluck, est à replacer bien évidemment dans le contexte historique de sa rédaction, quelques mois avant la proclamation de l’Empire.

Alain Cochard  

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L’état de la musique en France.
Rapport de Gossec et de Méhul fait au nom de l’Institut. 1803.

Note de présentation : À la veille de la proclamation de l’Empire, Napoléon Bonaparte réclame de l’Institut un bilan de l’évolution scientifique et artistique en France depuis la Révolution. La partie musicale est rédigée par Gossec et Méhul en 1803. Alors qu’une partie de ce texte a été compilée dans le rapport général sur les Beaux-arts présenté et paru en 1808 (gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9709596x), le rapport intégral sur la musique est resté inédit jusqu’en 1937, date à laquelle il paraît dans le périodique « Bulletin de l’Académie des Beaux-arts ». Plutôt que de se contenter de présenter les progrès des arts depuis la Révolution, les auteurs font débuter leur analyse à la période de l’occupation romaine. Nous reproduisons ci-dessous la deuxième partie du texte qui concerne le XVIIIe siècle. On remarquera que les auteurs se placent au cœur de l’histoire musicale de leur pays : Gossec – avec Sabinus – en précurseur de Gluck ; et Méhul – avec Le Chant du départ – en chantre de la Révolution.
 
[…]
Aidé de l’immortel Quinaud, le génie de Lulli commença à se déployer, et l’on peut le regarder comme le créateur de ce genre [l’opéra]. Colasse, Campra, Desmaret et Destouches succédèrent à Lulli, mais ils laissèrent désirer un génie plus nerveux.
Rameau déjà dans son automne paraît enfin par son opéra d’Hypolite et Aricie, paroles de l’abbé Pelégrin représenté en 1733.
Au caractère mâle de la musique de Rameau, à la vigueur de son harmonie, les uns s’effarouchent, les autres sont dans l’admiration. Des partis se forment pour et contre ; on s’échauffe, on s’agite, on s’injurie ; des mouvements tumultueux ont lieu dans l’enceinte même du spectacle, les combats de poing s’ensuivent, les plus mutins sont mis aux arrêts ; malgré ces mouvements, les représentations de l’ouvrage ne discontinuent point ; chaque jour le bruit diminue et après quelques semaines le calme renaît, on se déride et l’on écoute… L’harmonie et les chants énergiques de Rameau sont entendus sans peine ; bientôt après ils reçoivent le tribut de l’admiration générale, et la révolution musicale est faite à l’Opéra.

C.W. Gluck par E. Queneday © Archives Leduc

[…]
Deux opéras-tragédies, représentés avec succès, et dont la musique offrait un caractère plus marqué, un coloris plus vif, un style plus animé, plus varié, plus moderne et, partant, plus universel, furent considérés comme les avant-coureurs d’une nouvelle révolution dans la musique. L’un de ces ouvrages était Ernelinde, en trois actes, musique de Philidor, donnée en 1767 à l’Opéra. L’autre est Sabinus, en cinq actes, musique de G… [Gossec] représenté en 1773, sur le Grand Théâtre de Versailles, pour le mariage du Comte d’Artois, et en 1774 à Paris. Ce dernier ouvrage (Sabinus) occupait encore la scène à l’époque du premier voyage du fameux Gluck en France. Son auteur reçut de cet homme célèbre des marques d’intérêt ; de ce moment ils se lièrent de la plus étroite amitié, et cimentèrent, entre eux, une correspondance intime.
Sabinus fut de suite remplacé par l’Iphigénie en Aulide de l’illustre compositeur de nous venons de nommer. Le succès prodigieux de ce chef-d’œuvre consomma la révolution que les deux ouvrages précédents (Ernelinde et Sabinus) avaient commencée.
À cette première immortelle production de Gluck, succédèrent les opéras suivants du même auteur : Orphée, Alceste, Armide, Iphigénie en Tauride et Écho et Narcisse qui furent également couronnés du plus brillant succès.
Les ouvrages dramatiques de ce grand homme seront toujours des modèles à consulter, pour qui voudra s’exercer dans ce genre.
Nous ne pouvons faire mieux l’éloge de Gluck qu’en disant avec Chabanon :
« Celui qui d’un coup d’œil, mesure et embrasse tout l’ensemble d’une grande action, qui en lie et cimente toutes les parties, et ne veut pas qu’il y en ait une oisive ni superflue ; celui qui imprime le mouvement à tout ce grand corps et lui dit : meus-toi, marche, parle et agis, celui-là remplit dans toute sa perfection l’œuvre immortel du Génie. » (Observations sur la musique, 1re partie.)
Il est vrai que l’ensemble de la musique, des paroles et de l’action dans les ouvrages de ce grand maître, constitue une masse qui résistera toujours au flux et reflux du caprice.

La guerre musicale qui s’alluma au sujet des ouvrages de Gluck et de Piccinni pour lesquels il se forma que ceux partis opposés, fut infiniment plus longue et plus orageuse encore que celle du temps de Rameau ; on peut dire même qu’elle fut sanglante, car l’épée souvent décidait la question, comme celle d’Alexandre trancha le Nœud Gordien.
En 1778 et 1783, les célèbres Piccinni et Sacchini, appelés par la Cour, vinrent successivement accroître les richesses de notre scène lyrique, et recevoir les palmes glorieuses qui les attendaient. Le succès de ces deux grands maîtres, l’un dans Roland, l’autre dans Renaud, fut d’autant plus facile, que les oreilles étaient déjà préparées par les ouvrages de Gluck et par mille moyens offerts dans la capitale, à sentir et apprécier toute la grâce, la suavité et la délicatesse des chants divins dont fourmilloient leurs productions. Mais leur succès auraient surpassé toute attente sans doute, si nos chanteurs et cantatrices détachés de leur vieille méthode avaient saisi l’esprit, le goût et la finesse des chants ravissants de ces deux célèbres ultramontains.
Qu’on nous pardonne ici une réflexion qui s’attache naturellement à notre sujet, quoiqu’elle regarde le passé ; mais nous ne pouvons dissimuler une vérité dont l’Art se ressent encore des fâcheux effets.

On n’a pu voir sans une sorte d’indignation l’œuvre du Génie défiguré comme il l’a été et comme il l’est encore trop souvent par le mauvais goût. On n’a pas été moins révolté de voir la réputation de beaucoup d’hommes célèbres compromise par la négligence ou par l’oubli coupable des fondateurs de la prétendue Académie de Musique.
L’Opéra français établi depuis 1672 est devenu, sans contredit, le plus brillant spectacle de l’Europe, tant par la multitude et la beauté des ouvrages dont les grands maîtres français, allemands et italiens l’ont enrichi, que par les soins donnés aux perfectionnements de tous ses moyens secondaires, et pourtant indispensables à son éclat. Comment s’est-il fait que la partie du chant qui en est la base, et sans laquelle il ne peut exister d’opéra, soit toujours restée en arrière ? Ce problème n’est pas difficile à résoudre. C’est qu’en établissant en France ce genre de spectacle, il fallait en même temps pourvoir aux moyens de reproduction et de conservation qui lui étaient nécessaires ; il fallait qu’un établissement d’écoles spéciales suivît la création de l’opéra ; que ces écoles destinées à l’enseignement de toutes les parties de l’art, fussent aussi dans l’obligation de suivre les progrès et les mutations dont la musique fut toujours susceptible. On n’y songea pas, et cette imprévoyance qui livra ce spectacle à toute l’influence de l’enseignement des maîtrises, fut la source du mauvais goût qui caractérisa si longtemps le chant français.

Quelle fut donc l’utilité d’un enseignement aussi dispendieux que celui des maîtrises de cathédrales ? Quels furent ses résultats dans toutes les parties de l’Art ? À commencer par les compositeurs, il en est peu sorti qui se soient distingués ; elles n’ont rien produit dans la partie instrumentale et à quelques exceptions près les chanteurs qu’elles ont formés n’ont point dépassé la médiocrité, et si quelques sujets sortis de ces maîtrises se sont par la suite distingués par le chant, c’est que se sentant favorisés du côté de la voix, du goût et de l’intelligence, et que nourrissant le désir de parcourir une brillante carrière, ils avaient entendu de bons modèles et étudié sous de grands maîtres ; avantage que jamais ils n’auraient rencontré dans les cathédrales de France.

François-Joseph Gossec © Archives Leduc

Mais revenons aux deux hommes célèbres que nous avons quittés un instant. Ces deux illustres compositeurs (Piccinni et Sacchini) ont multiplié leurs succès sur notre scène lyrique par un nombre à peu près égal d’ouvrages (Piccinni 6, Sacchini 5), et ce qui confirme le mérite de ces ouvrages, c’est que les défauts d’une partie des chanteurs y furent supportés à la faveur d’une musique dont les divins accens inspiraient par eux-mêmes le plu vif intérêt. Cependant nous devons avouer que les grands talens de Madame St Huberti, loin d’avoir déparé les ouvrages de ces deux grands maîtres, en ont relevé et soutenu l’éclat.

Le besoin d’assurer le service de la scène lyrique et de remédier aux vices de l’enseignement des maîtrises, la nécessité d’introduire une meilleure méthode de chant qui peut donner aux compositeurs des sujets dignes de seconder les efforts de leur génie, détermina en 1784 l’établissement d’une école spéciale de chant et de déclamation. La direction de cette école et l’enseignement de la composition y furent confiés au Cen Gossec ; celui du chant au célèbre Piccinni et aux Cens Langlé, Guichard et Lasuze. La partie de la déclamation à Molé ; les autres parties à des artistes d’un mérite distingué.
Cette institution fut en activité pendant dix ans ; et quoiqu’entravée dans sa marche par les habitudes de l’ancienne école, elle forma dans l’espace de six ans, de nombreux élèves dont plus de cent d’entre eux furent répartis sur les différents théâtres de Paris et de province, où la majeure partie occupa les premiers et seconds emplois.
En 1789, le corps de musique de la garde nationale se forma, et l’on rendit utile l’école de chant conjointement avec ce corps, dans les diverses économies analogues aux circonstances [sic].
Enfin à la dissolution des maîtrises des Cathédrales, l’enseignement de la musique allait partager leur sort ; il ne restait plus en France que l’école de chant et celle de la musique de la garde nationale. Le Gouvernement ordonna la réunion de ces deux Écoles et le Conservatoire fut formé. Le zèle qui règne dans cet établissement et les talens dont il est composé, garantissent ses succès ; soutenu de la volonté du Gouvernement, ce sera dans cette École que l’Art se reproduira, nourri des fruits du Génie et guidé par l’expérience.

Mais quels que soient déjà les résultats de cette utile institution, ses moyens sont insuffisants pour opérer, aussi promptement qu’il serait nécessaire, l’entière régénération de l’art du chant en France. Depuis longtemps le Conservatoire réclame l’établissement de plusieurs écoles préparatoires et d’un pensionnat : persuadés de la solidité des motifs qui ont déterminé cette réclamation, nous regrettons que les circonstances ne permettent pas qu’elle soit prise en considération.
Les membres du Conservatoire se réunissent pour discuter les théories qui peuvent perfectionner et agrandir les différentes parties de la Musique ; l’application en est immédiatement faite dans l’enseignement ; des travaux qui ne pouvaient résulter que de la réunion de ces grands talens, et qui ont pour objet de poser les bases principales d’un corps d’ouvrages élémentaires pour l’enseignement de toutes les parties de l’art, les uns sont terminés et imprimés ; les autres sont sous presse, et le reste s’achève, ainsi que des traductions d’ouvrages didactiques et relatifs à l’histoire de l’art.

Tout ce que nous venons d’exposer prouve que l’art musical a traversé les orages de la Révolution sans en recevoir aucune atteinte. Dans ce passage le domaine de cet art s’est agrandi et sa puissance s’est accrue au point que ses effets nous ont retracé ceux que l’histoire nous raconte de la musique des Grecs.
Au moment du bouleversement général, transportée tout à coup, et pour ainsi dire dans une terre étrangère au milieu du peuple égaré, la musique allait être anéantie ou il fallait que le calme devint son ouvrage ; mais pour parvenir à ce but, elle dut chercher de nouveaux moyens, étudier l’esprit de ce peuple, observer ses dispositions, deviner le secret de le distraire et de tempérer son fougueux délire.
Armée d’une puissance irrésistible, une musique d’un caractère extraordinaire se fait entendre dans un mouvement séditieux, elle se dissipe. De nouvelles épreuves sont faites, même succès. Alors on sentit la nécessité de l’associer aux événements et aux circonstances ; elle devint un besoin absolu. La multitude attirée par ses accords harmonieux s’empressa de marcher à sa suite. Cet art sublime varié dans ses mouvements, ses caractères, ses accens, ses couleurs et ses nuances, se lia à tout, anima tout, et devint l’âme de tous les genres de solennités.
Vers la fin de 1792 l’époque de l’invasion du Territoire français, fut celle d’une nouvelle direction donnée à la Musique.
Un chant guerrier retentit dans les rangs des Républicains ; il devint le signal de la victoire et fut adapté avec pompe à la scène lyrique, où il contribua à électriser la valeur des Français.

© DR

La Musique, dès lors, prêta ses plus énergiques accens pour célébrer les triomphes de la République, les fameuses victoires de Gemmappe et de Fleurus, furent les motifs de concerts publics tels qu’on en avait point encore exécuté.
L’enthousiasme qui anima le peuple Républicain dans ses brillants succès, inspira ses poëtes et ses musiciens ; des compositions d’un caractère absolument neuf furent entendues, et dans le nombre le Chant du départ fut choisi par le soldat français et consacré par sa valeur : ce nouvel hymne devint également un chant de victoire, et l’ennemi ne le connut que par ses défaites.
Telle fut la musique nationale, énergique et intacte, au milieu des orages de ce tourbillon révolutionnaire qui porta la désolation dans toutes la France et l’agitation dans toute l’Europe.
Cette musique sera sans doute mentionnée dans l’histoire, tant par son caractère d’originalité que par ses effets extraordinaires. Toutes les nations de l’Europe l’ont recueillie ; les peuples du nord en font usage, soit dans leurs temples, soit dans leurs armées.

Enfin, au 18 Brumaire an VIII à la voix d’un héros Triomphateur et Pacificateur, l’horizon s’éclaircit, un nouveau jour luit, la France renaît plus brillante et plus fortunée que jamais, et dans cette journée mémorable, le feu du génie devenu plus ardent, promet encore à la postérité de nombreux chefs-d’œuvre de l’Art.
Aux années IX et X, la pacification générale, ce nouveau bienfait de l’invincible héros de la France, ouvre aux Sciences et aux Arts une nouvelle source d’émulation et de prospérité, protégés, encouragés, ils reprennent leur cours et redoublent d’activité ; on voit sur la scène lyrique des compositeurs français et étrangers se disputer la palme ; et de cette lutte intéressante naissent de part et d’autre les plus riches productions du Génie.

De son côté le Conservatoire produit, comme nous l’avons déjà dit, un corps d’ouvrages élémentaires pour l’enseignement de toutes les branches de l’Art, et s’occupe de la traduction de l’utile ouvrage didactique du P. Martini de Bologne.
En l’an XI des concours sont ouverts pour tous les Arts, la musique est appelée à y concourir. Le grand prix de composition musicale fondé par le Gouvernement, distribué par l’Institut, devient pour cet art la récompense des services qu’il a rendus dans tout le cours de la Révolution. Enfin l’Académie de France à Rome recevra dans son sein un jeune musicien français. Quelle plus grande faveur pouvions-nous désirer pour notre art ?
Grâce te soit rendue, ô 18 Brumaire ! Honneur, cent fois honneur aux héros bienfaiteur qui t’a consacré.
GOSSEC, MÉHUL

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(1)Colloque Méhul à Givet : www.ardennes.com/givet/colloque-mehul/tabid/3751/offreid/064e3ee3-b3bd-40b1-9afc-edd24eb6e43a
 

(2)« Le Fer et les Fleurs : Etienne-Nicolas Méhul », ouvrage collectif sous la direction d’Alexandre Dratwicki et Etienne Jardin (Actes Sud/Palazzetto Bru Zane, 40 €, 704 p.)

(3) www.concertclassic.com/article/michael-spyres-john-irvin-jonathan-cohen-et-orchestra-age-enlightenment-mehul-en-beaute

(4) Karine Deshayes, Yann Beuron, Jean-Sébastien Bou, Philippe Nicolas Martin, Chœur de chambre de Namur, Les Talens lyriques, dir. C. Rousset -  1 Livre/CD Palazzetto Bru Zane - Opéra français

(5) Réalisé en 2012 à Budapest avec Philippe Do, Gabrielle Philiponet, Jennifer Borgi, Philippe Talbot, Marc Barrard, Nicolas Courjal, Jean Teitgen et le Purcell Choir, l’enregistrement d’Adrien est disponible sur les plateformes de téléchargement

Portrait de Méhul © Archives Leduc

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