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La Clémence de Titus au TCE - Cohérence stylistique - Compte-rendu

Avec Louis Langrée, un véritable mozartien prend place à tête de la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen pour une Clémence de Titus remarquable d’intelligence musicale. Sous sa baguette alerte et tendue, la succession de récitatifs et d’airs prend vie avec un sens du drame qui compense une mise en espace succincte.

Remplaçante d’Elina Garanca, la mezzo-soprano britannique Alice Coote (photo) campe un Sesto exemplaire tant sur le plan de la réalisation théâtrale que de la qualité d’un chant d’une expressivité constante, y compris dans les vocalises les plus saisissantes (« Parto, parto »).
A ses côtés, la partie féminine de la distribution, sans s’élever sur les mêmes cimes, s’avère de qualité : la Vitellia de Malin Hartelius réussit à vaincre les écarts de tessiture de son rôle, l’Annio de Christina Daletska rime avec juvénilité, et la Servilia de Rosa Feola manifeste un style pur et convaincant.

Les voix masculines restent le point faible de la soirée : Michael Schade, que l’on a connu en d’autres occasions moins corseté et d’une émission plus franche (air « Del più sublime soglio »), est un pâle Titus et le Publio de Brindley Sherratt un préfet de la garde prétorienne bien chevrotant.
Ces critiques n’enlèvent rien à la spontanéité, à la cohérence et à l’unité d’ensemble d’une production qui rend justice à un ouvrage parfois sous-estimé dans le corpus lyrique mozartien.

Michel Le Naour

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 25 février 2012

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Photo : DR
 

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