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30ème Festival Chopin à Paris - Un anniversaire, des anniversaires

L’œuvre de Frédéric Chopin tient en peu d’opus, mais quels ! Tout à la fois ancrée dans le passé, expression de la sensibilité romantique et ouverte de prophétique façon sur le futur, elle offre d’innombrables pistes aux programmateurs qui s’en inspirent. C’est ce que fait depuis trois décennies le Festival Chopin de l’Orangerie de Bagatelle, à l’initiative de la Société Chopin à Paris - animée avec passion par Antoine et Ariel Paszkiewicz.

Curieuse et découvreuse, la manifestation ne faillit pas à sa réputation au moment de souffler ses trente bougies. Benjamin Grosvenor n’est certes plus un inconnu, grâce au disque. Mais hormis la Roque d’Anthéron l’an dernier et des débuts parisiens à l’instigation des Pianissimes en février (au Conservatoire d’Art dramatique), la France n’a pour l’heure guère entendu en concert la valeur montante du piano britannique. Sa présence à l’Orangerie lors de la soirée inaugurale augure d’une belle affluence. Succès garanti aussi le lendemain pour le dimanche « Piano à Portes Ouvertes » au cours duquel le public pourra comme de coutume écouter gratuitement huit artistes en devenir : Benjamin d’Anfray, Marwan Dafir, Jean-Paul Gasparian, Maroussia Gentet, Tom Grimaud, Guillaume Sigier, Augustin Voegele et Tanguy de Williencourt.

Dans ce cadre, en 2009, on avait pu prendre la mesure du talent de Florian Noack. Fort d’un beau parcours de concertiste, de deux enregistrements et de plusieurs prix de concours, le pianiste belge est de retour cette année au Festival Chopin dans la série des « récitals du week-end », où l’on relève par ailleurs la présence d’Anastasya Terenkova, Nima Sarkechik, Lidja et Sanja Bizjak, Vassilis Varvaresos.

S’agissant des concerts du soir (à 20h 45), le bonheur est grand d’y retrouver Pietro di Maria, invité en 2010 à Bagatelle et trop rare chez nous depuis. Rare aussi Frédéric Chiu (photo) qui, très présent à ses débuts en France, concentre désormais son activité sur les Etats-Unis : on s’impatiente de l’entendre dans Chopin, Liszt et Wagner. Bicentenaire oblige, plusieurs programmes comprennent des transcriptions et paraphrases d’ouvrages du Maître de Bayreuth. C’est le cas avec Jean-Frédéric Neuburger ou François-Frédéric Guy - que l’on guette dans deux partitions signées Zoltan Kocsis !

Haut lieu du piano, Bagatelle ne pouvait négliger le bicentenaire Alkan, compositeur présent dans la plupart des récitals. Claire Désert par exemple l’associe à Chopin, Schumann et, plus rare, Stephen Heller, merveilleux poète du clavier né en 1813. Pascal Amoyel fait aussi place au « Berlioz du piano », mais c’est à Pierre Réach que revient le plat de résistance alkanien : le Sonate « Les Quatre Âges » que ce fervent avocat de la musique du pianiste compositeur français invite à découvrir lors d’un concert-conférence en compagnie de Jean-Yves Bras (le conseiller musical du 30ème Festival), suivi le lendemain d’un récital où le monumental Opus 33 d’Alkan côtoie des morceaux de Chopin.

Un clin d’œil à Poulenc dans le riche récital de Jean-Frédéric Neuburger, à Verdi avec Anastasya Terenkova, à Lutoslawski avec Florian Noack et la 30ème édition aura fait le tour des nombreux anniversaires de 2013. Elle n’oublie pas combien l’improvisation était chère aux virtuoses romantiques. Ainsi le compositeur et pianiste Karol Beffa consacre-t-il un partie de son concert à un exercice dont il raffole – divers ciné-concerts ont permis d’en juger. Quant à la clôture du Festival 2013, elle est confiée au jazzman Guillaume de Chassy qui nourrira ses improvisations de divers thèmes classiques.

Alain Cochard

30ème Festival Chopin
Du 15 juin au 14 juillet 2013
Paris – Orangerie du Parc de Bagatelle

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Photo : DR
 

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